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LA LETTRE DE MEDIAS N 14
P R O J E T S
P R O J E T S
S
a mission : rechercher des indica-
teurs de la biodiversité intraspéci-
fique. Son but : permettre des
stratégies de choix efficaces pour la
préservation des ressources génétiques
naturelles grâce à la cartographie com-
parative et à des approches de modélisa-
tion. Ce projet est soutenu par la
Commission Européenne (6
ème
PCRD).
Justification du projet
La richesse des espèces est la mesure
d'évaluation de la biodiversité la plus
largement utilisée. Toutefois, c'est la
diversité intraspécifique (polymorphisme
génétique) qui représente le potentiel
d'évolution et d'adaptation de chaque
espèce lors des modifications du milieu.
Le projet IntraBioDiv doit étudier les
liens éventuels entre la diversité intraspé-
cifique et la richesse des espèces ou les
changements affectant l'habitat.
Il doit permettre :
- de trouver et d'expliquer les éventuelles
relations entre la diversité végétale inter-
et intraspécifique et les changements
touchant l'habitat,
- d'élaborer une approche de modélisa-
tion permettant de prévoir la diversité
végétale intraspécifique sur une vaste
échelle, en utilisant des représentants
faciles d'accès,
- de mettre en place des outils afin d'éla-
borer un réseau de zones protégées qui
permette d'assurer efficacement la ges-
tion durable des ressources génétiques
naturelles.
En prenant les Alpes et les Carpates
comme systèmes modèles, on va se poser
les questions suivantes :
- la biodiversité intraspécifique et la bio-
diversité interspécifique coïncident-
elles ?
- les zones de fort endémisme, qui cor-
respondent souvent aux refuges
glaciaires, abritent-elles une très grande
diversité intraspécifique ?
- les changements touchant l'habitat, ca-
ractérisés par des paramètres environ-
nementaux, sont-ils bien représentatifs de
la diversité intra et interspécifique ?
Pour atteindre ces objectifs, on va
dresser des cartes :
- de la diversité intraspécifique, en se ser-
vant de marqueurs moléculaires chez 25
espèces modèles,
- de la richesse des espèces sur une même
zone, en utilisant principalement les don-
nées existantes sur la répartition de la
végétation,
- de la diversité des habitats, en compi-
lant des données environnementales.
On comparera ensuite les cartes
obtenues afin de trouver d'éventuelles
corrélations entre toutes ces variables. A
partir de techniques de modélisation et de
simulation, on développera sur Internet
une plate-forme accessible au public,
pour choisir de manière efficace les
réseaux de réserves naturelles qui com-
portent la plus grande diversité à la fois
inter et intraspécifique. Cette approche
intégrative devrait permettre de mieux
comprendre et prévoir le fonctionnement
des écosystèmes sur une vaste échelle.
La plate-forme établie constituera un
outil innovant et efficace pour l'observa-
tion et la gestion de la biodiversité.
Contexte
La biodiversité comprend
également le polymorphisme
génétique intraspécifique
La quantité de variabilité génétique au
sein d'une espèce donnée détermine sa
capacité à répondre aux changements
environnementaux à la fois sur le court
terme (faculté d'adaptation) et sur le long
terme (potentiel d'évolution). Il a été
démontré que la persistance des popula-
tions était formellement liée à la variabi-
lité génétique. Bien que Lande (1998) ait
affirmé que les facteurs démographiques
étaient plus importants que les facteurs
génétiques pour déterminer le sort d'une
population à court terme, on reconnaît
maintenant que ces facteurs agissent sou-
vent en synergie. La variabilité génétique
est susceptible d'interagir avec les effets
démographiques pour produire la «spi-
rale d'extinction» des petites popula-
tions.
La biodiversité peut être considérée
comme synonyme de «la variété de la
vie» : «La diversité biologique se rap-
porte à la variété et la variabilité au sein
des organismes vivants et des complexes
écologiques où ils se produisent. La
diversité peut se définir comme le nom-
bre d'éléments différents et leur
fréquence relative. Pour la diversité
biologique, ces éléments sont organisés
en de nombreux niveaux, qui vont des
écosystèmes complets aux structures
chimiques qui sont la base moléculaire
de l'hérédité. Par conséquent, ce terme
recouvre les différents écosystèmes,
espèces et gènes, ainsi que leur abon-
dance relative».
Le polymorphisme génétique intraspé-
cifique fait donc intégralement partie de
la biodiversité (Fiedler et Jain, 1992). Il
représente le potentiel d'évolution de
chaque espèce, et est par conséquent de
toute première importance pour la
préservation à long terme de la biodiver-
sité dans des milieux se modifiant.
Toutefois, on néglige souvent la diversité
intraspécifique à cause de la difficulté
non seulement à évaluer son importance,
mais aussi tout simplement à la quanti-
fier.
Représentants permettant de
quantifier la biodiversité
La richesse des espèces est la mesure
la plus largement utilisée pour évaluer la
biodiversité (Gaston, 1996b), et pour
concevoir des stratégies de préservation.
De nombreuses tentatives ont été faites
pour éviter d'avoir à évaluer directement
la répartition des espèces, ce qui prend
beaucoup de temps et est très coûteux.
Dans l'état actuel des connaissances
sur la biodiversité intraspécifique, les
questions suivantes sont encore sans
réponse :
- la biodiversité intraspécifique et la bio-
diversité interspécifique coïncident-
elles ?
- les zones de fort endémisme, qui cor-
respondent souvent aux refuges
glaciaires, abritent-elles une plus grande
diversité intraspécifique ?
- les changements touchant l'habitat, ca-
ractérisés par des paramètres environ-
nementaux, sont-ils bien représentatifs
de la diversité intra et/ou inter-spéci-
fique ?
Le projet IntraBioDiv