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dence dans l'atmosphère. Un tel lien pourrait être révélé
par l'effet de fertilisation de l'océan des poussières par
ajout de fer comme le suggérait Martin en 1990 soit sig-
nifier une influence de la circulation profonde sur l'éten-
due de la glace de mer elle même influençant à la fois la
circulation atmosphérique et les échanges de CO
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entre
l'océan et l'atmosphère.
Les origines possibles des variations glaciaires /inter-
glaciaires du méthane
L'origine des grandes variations du méthane tient
vraisemblablement aux variations de l'étendue des zones
marécageuses, principales sources naturelles de méthane
(environ 80% des sources en conditions préindustrielles,
Chappellaz et al., 1993). En ce sens, le signal méthane
reflète l'intensité du cycle hydrologique en milieu conti-
nental aux échelles de temps glaciaire-interglaciaire. Le
rôle relatif des marécages tropicaux et boréaux demeure
encore incertain sur l'ensemble d'un cycle climatique.
D'après des mesures comparées des teneurs en CH
4
au
Groenland et en Antarctique au cours de l'Holocène et de
la dernière déglaciation, les zones humides tropicales ont
joué un rôle primordial, mais avec une contribution signi-
ficative des tourbières boréales au début de l'Holocène et
à partir de 5000 ans BP (Chappellaz et al., 1997). Une
partie (environ 20%) de la variabilité du méthane trouve
probablement son origine dans la rétroaction positive du
puits principal de CH
4
, l'oxydation par OH dans la tro-
posphère (Chappellaz et al., 1993). Cela dit, certains
chercheurs ont émis l'hypothèse que des dégazages mas-
sifs de méthane piégé dans les sédiments marins et le per-
mafrost sous forme d'hydrates de gaz auraient eu lieu à la
fin des déglaciations, permettant ainsi au méthane atmo-
sphérique d'atteindre ou de dépasser ses teneurs actuelles
sur des durées de l'ordre de quelques dizaines d'années
(Nisbet, 1992). Cette hypothèse a été invalidée pour la
dernière déglaciation, en s'appuyant sur des séries de
mesures très détaillées à partir des forages groenlandais
GISP2 et GRIP; mais l'hypothèse en question demande à
être testée encore pour les précédentes déglaciations.
Sur les quatre cycles climatiques présents dans la glace de
Vostok, l'analyse préliminaire du méthane révèle encore
une variabilité importante en période glaciaire (Petit et
al., 1999). En faisant l'hypothèse que le lien serré entre
climat groenlandais et teneurs en CH
4
a perduré durant
plus de 400000 ans, on dispose alors d'un proxy permet-
tant d'étudier la relation de phase nord-sud sur 4 cycles
climatiques, comme cela a pu être fait récemment pour la
fin de la dernière glaciation (Blunier et al., 1998). Cela
nécessite de disposer d'un enregistrement le plus détaillé
possible en CH
4
, qui est en cours de réalisation.
timescales. The relative role of boreal and tropical wetlands
is still uncertain over a full climatic cycle. By comparing
CH
4
measurements between Greenland and Antarctica dur-
ing the Holocene and the last deglaciation, it seems that the
tropical wetlands played the main role, but with a significant
contribution of boreal wetlands at the start of the Holocene,
and after 5000 yr BP (Chappellaz et al., 1997). Part of the
methane variability (about 20%) may be explained by the
positive feedback of the main CH
4
sink, its oxidation with
OH in the troposphere (Chappellaz et al., 1993). Still, some
researchers have made the hypothesis that major outgassing
of methane trapped in marine sediments and continental
permafrost in the form of gas hydrates would have taken
place at the end of deglaciations, allowing then the atmo-
pheric CH
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mixing ratio to reach or even exceed the present-
day level over several decades (Nisbet, 1992). This hypothe-
sis has been invalidated for the last deglaciation, based on
detailed CH4 measurements on the GRIP and GISP2
Greenland ice cores ; but this hypothesis remains to be
tested for previous deglaciations.
On the last four climatic cycles recorded in the Vostok ice
core, preliminary analyses of methane reveal again a signifi-
cant variability of CH4 during the glacial periods (Petit et al.,
1999). If one makes the hypothesis that the tight link
between atmospheric CH
4
and Greenland climate remained
valid over the last 400,000 yr, then a proxy is available to
study the north-south phase relationship on four climatic
cycles, as this was made possible recently for the end of the
last glaciation (Blunier et al., 1998). This requires to obtain
the most detailed record possible for CH
4
, which is currently
in progress.
Contact
: Jean-Marc Barnola
LGGE, UPR CNRS A5151
Université de Grenoble 1
BP 96 - 38402 St Martin d'Hères
[email protected]
Lettre pigb-pmrc France
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