Lettre pigb-pmrc France n°16 - Changement global
dans les seules décennies 1980 à 2000, cela suggère
une évolution du climat.
C'est ce qui a été fait, par exemple avec les archives utili-
sées par EDF que nous utilisions jusqu'à récemment. On
voit sur la figure 4a qu'il y a une dérive systématique ten-
dant à mettre en évidence une «évolution» significative
dans cette archive... Par contre, quand on applique cette
approche à l'archive des Réanalyses NCEP/NCAR (figure
4b), cette tendance est beaucoup plus tenue. C'est en fait
notre archive, ou plutôt les réseaux sur lesquels elle
s'appuyait, qui avaient beaucoup évolué au cours des
années 1970, d'où une hétérogénéité apparente.
«Désagrégation des sorties de grands modèles»
Une autre application possible concerne la désagrégation des
sorties de grands modèles climatiques (E. Martin 1995).
Ceux-ci sont appelés à fonctionner sur des périodes longues
de 30 ou 50 ans, avec différents scénarios d'évolution de gaz
à effet de serre. Vu le volume de calculs, ils ne peuvent avoir
une définition très fine (maille de la centaine de km, voire
plus) : cela suffit pour décrire correctement les circulations
synoptiques, mais non pour décrire des variables cruciales
comme les précipitations, ou leur répartition spatiale. Donc, à
défaut de pouvoir simuler le détail de cette variable, on peut
prendre la circulation synoptique simulée et rechercher, dans
une archive météorologique observée, la situation analogue
la plus proche : on lui emprunte alors le détail de ses pluies
observées, à une échelle plus fine, pour calculer ensuite
l'hydrologie du modèle climatique. Par rapport aux pavés
grossiers du GCM, celle-ci a évidemment toute la définition
souhaitable et les caractéristiques, notamment spatiales, d'un
vrai champ de précipitations.
Cela implique l'hypothèse forte suivante : toute situation
d'un climat modifié dans les décennies à venir trouvera
encore des analogues dans la période 1950-2000 ; cha-
cune des situations observées reste possible, seules les fré-
quences d'apparition auront éventuellement changé. Une
hypothèse à débattre, naturellement.
Conclusion
Face à des défis comme ceux de la prévision des crues, et
donc des pluies intenses qui les génèrent, ou à la prédiction
climatique, toutes les approches méritent d'être considérées, y
compris des approches heuristiques et statistiques. S'agissant
de méthodes d'adaptation, elles s'améliorent sans cesse,
puisqu `elles bénéficient des performances améliorées des
modèles eux-mêmes, comme la prévision d'ensemble... !
Pour la prévision des précipitations, ces approches analo-
giques ont aujourd'hui des performances qui les rendent
parmi les plus compétitives, sur le moyen terme notamment
ainsi qu'en prévision saisonnière. Elles peuvent aussi rendre
des services en modélisation climatique. On peut donc s'éton-
ner de leur écho modeste dans une communauté peut-être
trop exclusivement tournée vers le physico-déterminisme ?
prediction, all kinds of approaches are worth being considered,
including heuristic and statistical approaches. Adaptation
methods improve regularly, since they automatically benefit
from the improved performance of the models on which they
are built.
As for Quantitative Precipitation Forecasting, these ana-
logue-based approaches display performances that rank
among the most competitive, at least on the medium range
(2 to 5 days) and also, although this has not been
addressed here, for seasonal forecasts. Finally, as quoted
briefly, they may also be helpful in climate modelling.
One may wonder why they do not receive more attention in
a community that is perhaps too exclusively oriented
towards physically -based determinism?
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Contact :
Charles OBLED
Institut National Polytechnique de Grenoble
ENS Hydraulique et Mécanique
Laboratoire d'études des Transferts en Hydrologie et
Environnement
BP 53 - 38 041 Grenoble Cedex 9