background image
Lettre pigb-pmrc France n°16 - Changement global
69
Livres
Etudes sur l'environnement - De l'échelle du territoire à celle du continent
Rapport de l'Académie des Sciences coordonné par Paul Caseau
RST n°15 - Edition Tec et Doc, 2003
Depuis le XX
e
siècle, on a vu émerger des problèmes mettant en jeu notre environnement : atmosphère, océan, hydro-
sphère, géosphère et biosphère. Ces problèmes sont «spatialisables», c'est-à-dire que l'on peut les traiter en trois ou
quatre dimensions, après avoir effectué des opérations d'homogénéisation et d'agrégation. Le problème le plus connu
est l'évolution du climat, pour laquelle une méthodologie s'est progressivement dégagée, utilisant les observatoires, les
bases de données et les modèles.
Est-il possible d'étendre cette méthodologie aux problèmes spatialisables qui ne concernent pas la planète
entière? Dans cette perspective, le rapport analyse :
·
le choix de l'échelle, qui détermine l'étendue de la carte que l'on va regarder ;
·
le choix de la maille de description, des méthodes d'homogénéisation et d'agrégation ;
·
les couplages entre compartiments différents, ainsi qu'entre nature et société car les dimensions sociales et
économiques jouent un rôle essentiel.
Trois exemples importants sont considérés : la couverture des sols, les eaux continentales, la gestion des zones
côtières. À partir de cette analyse, des recommandations sont présentées... Elles mettent l'accent sur le rôle des
outils, et du trépied «observatoires - données ­ modèles», ainsi que sur l'échelle à laquelle ces problèmes doivent
être traités.
Exploitation et surexploitation des ressources marines vivantes
Rapport de l'Académie des Sciences coordonné par Lucien Laubier
RST n°17 - Edition Tec et Doc, 2003
Cet ouvrage dresse le constat de la surexploitation des ressources marines afin d'en cerner les causes. Il met en évidence
les phénomènes liés à la surpêche : capacités de capture excessives, détérioration des écosystèmes, récurrence des
conflits... Le niveau de surexploitation est tel que la prévention d'un déclin continu du renouvellement des générations
est désormais la priorité, au détriment de l'optimisation de la productivité des stocks. En effet, depuis 1950, la produc-
tion mondiale des pêches maritimes augmentait de 6 % par an ; depuis 1970, ce taux est tombé à 2 % et, depuis
1990, la production est stable
La politique de l'Union européenne, basée sur la communautarisation des ressources, le partage des plafonds de cap-
ture et le rationnement des flottilles, n'a pas suffi à arrêter ce déclin. Les mécanismes de prise de décision privilégient
les intérêts à court terme et les mesures de conservation adoptées divergent régulièrement des avis scientifiques.
Pourtant, l'examen des modèles démographiques des ressources utilisés pour la gestion des pêches montre que la
recherche a édifié un ensemble d'indicateurs scientifiques de bonne qualité : le mauvais état actuel des pêcheries ne
peut être imputé à une connaissance insuffisante des ressources, mais aux carences des mécanismes de régulation et
de contrôle. Les implications sociales du problème sont graves car des milliers d'emplois sont menacés.
Les méthodes utilisées pour mesurer l'évolution des stocks sont explicitées dans cet ouvrage. Quelques pêcheries,
choisies afin d'illustrer la diversité des situations, sont analysées, de même que sont décrites les potentialités et les
limites de l'aquaculture. Des propositions sont avancées, basées sur la communication et le dialogue indispensables
entre professionnels, administratifs et scientifiques.
La maîtrise des forces économiques à l'origine de la surexploitation suppose que les institutions régissant la pêche
soient adaptées aux nouvelles conditions de rareté des ressources : régime de propriété, mécanismes d'allocation de
droits individuels de pêche et organes d'aménagement. Les nouveaux régimes devront assurer la cohérence écolo-
gique, économique et sociale de la pêche, ainsi que le traitement de la nécessaire transition. Il est de l'intérêt de tous
les acteurs que les indispensables réformes soient entreprises. L'évolution vers un développement durable est à ce prix.