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dans une perspective de connaissance écologique du
fonctionnement des milieux.
L'aspect politique : libéralisation des
agricultures
La révolution verte était fondée sur des financements
publics importants pour faire décoller la production agri-
cole: subventions aux achats de semences, de produits phy-
tosanitaires, aux équipements, financement public des infra-
structures d'irrigation, crédit agricole bonifié, protection aux
frontières... Les politiques d'ajustement structurel, interve-
nues à partir des années 80, ont déconstruit cette politique
et dans beaucoup de pays en développement, l'agriculture
ne fait plus l'objet de soutiens publics importants. Or à
l'échelle mondiale, il y a 840 millions de personnes sous-ali-
mentées, parmi lesquelles 800 millions dans les pays en
développement, et parmi celles-ci 600 millions vivent du
travail lié à l'agriculture. Près d'un quart de la population
mondiale vivant de l'agriculture (2,4 milliards) est donc en
situation de pauvreté et de sous-alimentation. Entre 2000 et
2050, la planète comptera vraisemblablement 3 milliards
d'habitants de plus et beaucoup devront vivre de l'agricul-
ture ; ils seront en grande partie les héritiers des populations
pauvres actuelles. Ainsi, sous-alimentation, pauvreté et agri-
culture sont-elles indissociablement liées. Ces populations
sont celles qui auront le plus besoin d'espace productif et le
moins en situation de pouvoir prendre en compte les ques-
tions d'environnement qui ont été évoquées ci-dessus.
On pourrait donc penser que, dans ces conditions, les poli-
tiques agricoles soient un secteur de priorité de recherche et
d'action publique. Dans la plus grande partie des pays du
monde, ce n'est pas le cas. L'agriculture reste en effet consi-
dérée comme un secteur d'arriération technique et culturelle
qu'il convient de fuir que l'on soit paysan, lettré ou scienti-
fique. Les paysanneries sont sous-considérées, sous organisées
et sous représentées dans les pouvoirs publics. C'est pour
cette raison que dans les relations de marché, la formation
des prix se fait toujours au désavantage des producteurs pri-
maires et que ceux-ci n'obtiennent que des revenus faibles à
partir desquels il est impossible de développer la production
autrement qu'aux dépends des ressources naturelles. Par
ailleurs, l'agriculture reste un secteur d'insécurité économique
complète : le temps de travail de toute une saison et les
dépenses de culture qui sont consenties produisent une
récolte et des revenus qui n'interviennent qu'en fin de saison
et qui sont toujours soumis à l'incertitude du climat et des
prix. Par ailleurs, les agriculteurs ne bénéficient d'aucune
assurance sociale.
Les recherches sur la pauvreté connaissent depuis une
dizaine d'années un sursaut notamment sous l'impulsion
de la banque mondiale. Mais les recherches sur les poli-
tiques sont moins nombreuses et plus controversées.
Pourtant, il est indispensable que chaque pays et chaque
région agricole puisse mettre en place des politiques qui
assurent la promotion d'une agriculture suffisamment
region be in a position to implement policies to promote an
agriculture that will be both productive and sustainable, on an
environmental, economic and social level.
International trade liberalization and agriculture
Many countries have lowered their trade barriers, by virtue
of the principle that liberalizing international trade is of uni-
versal benefit. In countries with a food production shortfall,
which have productive resources but are poor (as is the case
in most countries in sub-Saharan Africa), governments will
probably be increasingly tempted to import cheap food from
countries whose very high productivity levels mean they can
produce at very low cost, indeed below the local production
cost. This creates instant competition between imports and
local products, which often come from a largely unproductive
agricultural sector primarily geared towards self-sufficiency.
The risk is that such competition may prevent the gradual
establishment of local production-processing-consumption
chains to supply the cities of the future. Low-cost food
imports are only viable in the long term if the importing
countries can in turn generate exports produced by a major
part of their workforce, whereas in fact, the exports that they
do generate are often commodities that fetch low prices on
the international market, are not profitable and employ just
a fraction of the population. Africa therefore risks finding
itself trapped in a situation that prevents the establishment
of an effective development process
More generally, the food production effort that will be
required in developing countries in the coming fifty years will
be concentrated in countries with land resources, a
favourable climate, and the necessary labour and cash
resources. Prospective studies of this issue have shown that
Asia is set to become a major food importer and industrial
goods exporter, the Middle East and North Africa will have to
import most of their food and find better outlets for their
products on the export market, and Latin America is probably
going to become a major exporter of agricultural products.
This new geographical pattern in terms of production and
trade raises questions as to the international distribution of
jobs, income and wealth. In spite of the considerable uncer-
tainty about what the future holds, that distribution needs to
be forecasted to determine its environmental consequences
and the policies required to prevent agricultural anthropiza-
tion having a serious adverse impact on the biosphere.
Lettre pigb-pmrc France n°17 - Changement global