Différentes origines à ce déclin
Parmi les différentes origines possibles à ce déclin nous en
soulignons trois particulièrement importantes.
Le réchauffement climatique
Le déclin marqué des espèces septentrionales reflèterait la
redistribution actuelle des espèces vers les plus hautes lati-
tudes, par suite du réchauffement climatique. Un tel mouve-
ment est constaté chez de nombreuses espèces (Parmesan
and Yohe, 2003). La conséquence d'une telle redistribution
est que, à une échelle géographique donnée (ici la France
métropolitaine), on observera un déclin des espèces septen-
trionales et un devenir plus
favorable des espèces méri-
dionales (qui cependant
déclinent aussi). Des observa-
tions récentes confirment
plus directement que cette
réorganisation en cours serait
bien due au réchauffement
climatique : les passereaux
dont l'abondance est le plus
en déclin entre 1989 et 2002
sont les oiseaux qui ont été
les plus affectés par le début
de canicule de 2003 (Julliard
et al. in press).
La fragmentation des
habitats
Le déclin marqué qui est constaté chez les espèces spécia-
listes (c.a.d. inféodées à un type particulier d'habitat)
pourrait être dû aux plus fortes exigences des espèces
spécialistes en termes d'habitat, associée à la fragmenta-
tion croissante de ces derniers. Le mouvement vers les
plus hautes latitudes serait plus difficile pour ces espèces,
car la fragmentation de leur habitat constitue un obstacle
à la dispersion des individus.
Cette interprétation est appuyée par les observations
menées en Angleterre sur les papillons, couplées à des
modèles prédictifs. Les nouvelles aires d'habitats possibles
estimées, compte tenu du réchauffement récent, ne sont
Northern species, and a more favorable fate for southern
species (which are nevertheless also in decline). Recent
observations confirm that such reorganization is indeed
due to global warming: passerines, the species that
declined the most between 1989 and 2002, were also the
most affected by the beginning of the heat-wave of 2003
(Julliard et al., in press).
Habitat fragmentation
The marked decline in specialists (species bonded to a
particular type of habitat) may be due to the higher
demands of these species in terms of habitat, associated
with the fragmentation of these habitats. The move
towards higher latitudes would be more difficult for these
species, as habitat frag-
mentation impinges on a
dispersal of individuals.
This interpretation is sup-
ported by English observa-
tions of butterflies, coupled
with predictive models.
The habitats that species
could potentially move into
as a result of recent global
warming are not com-
pletely occupied; the deficit
in occupation is higher for
specialists.
Fertilizer and pesticide use
A large decline in farmland species has also been observed in
other European countries (UK). However, this does not seem
to be the case in Denmark. The difference may be due to a
recent decrease in fertilizer and pesticide use (Fox, 2004).
Further studies are needed.
Spatial variations of the «common bird» indicator
A map of the spatial variation of abundance can be estab-
lished (see Figure 3 for variations of abundance of the Cirl
bunting in 2002, showing a higher abundance in the
South-West). By coupling such maps with studies of the
spatial variation of survival, fertility, colonization and
Lettre pigb-pmrc France n°17 - Changement global
Groupe d'espèces - Species set
Variations entre 1989 et 2002
Change between 1989 and 2002
Septentrionales
Northern
~ - 20 %
Méridionales
Southern
~ - 10 %
Spécialistes
Specialists
~ - 25 %
Généralistes
Generalists
~ - 5 %
Figure 3: voir pages couleur - see colour pages
Tableau 1 : Variation d'abondance du premier et du dernier quartile, selon la distribution de l'aire de répartition, ou selon la spécialisation par rap-
port à l'habitat.
Variations of abundance of first and last quartile, depending on distribution of distribution, and specialization in regards to the habitat.