tribution spatiale actuelle des agents étiologiques dans les
populations humaines n'est pas aléatoire. Deux points la
caractérisent :
·
les richesses spécifiques en microbes et en parasites
sont nettement plus élevées dans les zones inter-tropi-
cales lorsqu'on les compare aux zones tempérées ;
·
les communautés microbiennes et parasitaires plus
riches sous les basses latitudes englobent statistique-
ment celles présentes à des latitudes plus élevées, ce que
les auteurs nomment un «nested species subset pattern»
à l'image des poupées gigognes russes qui s'emboîtent
les unes dans les autres.
Autrement dit, les compositions d'espèces microbiennes et
parasitaires, responsables de maladies dans les populations
humaines, forment des sous-ensembles des communautés
riches rencontrées dans les zones inter-tropicales au fur et à
mesure que l'on s'éloigne de l'équateur (voir Figure 1).
Les régions équatoriales : réservoir d'agent
infectieux ?
Cette organisation spatiale
dite en anglais «nested spe-
cies subset pattern» est bien
connue chez les écologistes ;
elle implique que le mouve-
ment de dispersion des
agents infectieux et parasi-
taires entre les populations
humaines se fait globale-
ment de régions dites
«sources», ici les zones équa-
toriales, vers des régions
nommées « puits», plus tem-
pérées. Ce modèle global de
dispersion d`agents infec-
tieux et parasitaires ne
contredit pas le fait que plusieurs virus ou bactéries ont pu
être transportés des régions occidentales vers les zones tropi-
cales, notamment lors des colonisations ; il montre cependant
que cette possibilité est réduite dans un schéma global de dif-
fusion des zones tropicales vers les zones de hautes latitudes.
La comparaison entre les deux hémisphères ne montre pas
de différences très marquantes.
Les auteurs expliquent que les diversités biologiques en ani-
maux, plus grandes dans les zones inter-tropicales, sont
génératrices de nouvelles maladies dans les populations
humaines par transferts des micro-organismes des uns aux
autres, 75% des agents étiologiques chez l'homme actuelle-
ment ayant une origine zoonotique connue.
L'écart saisonnier de pluviosité : un facteur
bio-climatique clé
Recherchant les facteurs responsables de ces distributions spa-
latitudes, a property that the authors call a «nested species
subset pattern», in the image of the nested Russian dolls.
In other words, as one goes away from the equator, the
composition of the microbe and parasitic species responsible
for human diseases forms subsets of the rich communities
found in the tropical zones (Figure 1).
The equatorial regions as reservoirs of infectious
agents
The spatial organisation termed «nested species subset pat-
tern» is well known to ecologists: it implies that the dispersion
of infectious and parasitic agents between human populations
is from regions called «sources», in this case the equatorial
zones, to destination regions, the more temperate zones. This
general model for the dispersion of infectious and parasitic
agents is not in contradiction with the fact that several viruses
or bacteria were transported from the West to tropical regions
during colonization; this is, however, a minor factor in an over-
all scheme of diffusion from tropical zones to high latitudes.
And a comparison between
the Southern and Northern
Hemispheres shows no
marked differences between
them.
The authors propose that
biological diversity in animal
populations, being greater in
the tropics, generates new
diseases in human popula-
tions by transfer of micro-
organisms from animal to
human, with 75% of human
etiological agents known to
be of animal-related origin.
Seasonal precipitation range as a key bio-climatic
factor
Searching for factors that could be responsible for these spatial
distributions of microbes and parasites in human populations, V.
Guernier, M. Hochberg and J-F Guégan show that bio-climatic
factors, and especially the difference in precipitation between the
wettest month and the driest month, account statistically for the
observations made . Indeed, a great number of micro-organisms
and parasites pathogenic for human populations either depend
directly on environmental conditions to achieve their life cycle or
are related indirectly to vectors or reservoirs whose biological
cycles depend preponderantly on climate, especially on the intra-
annual variation of precipitation.
Of the 340 etiological agents studied, some are contagious
viruses or bacteria, that is their transmission operates from
human to human, and there is no need to postulate a link to
climate. Evident cases are the AIDS virus or the mycobacteria
responsible for tuberculosis, for example. Other agents, like
Lettre pigb-pmrc France n°17 - Changement global
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