Autre(s) version(s) : 2006-2007 2004
Climat ; Géologie ; Modèle
L’objectif de ce projet est d’améliorer notre connaissance des climats d’une période « étrangement » chaude de l’histoire de la terre, le Crétacé. Ce projet se structure autour de deux volets : (1) la modélisation climat à l’échelle globale, au travers d’un aller-retour en données géologiques et modélisations climatiques et géochimiques, (2) l’amélioration de la résolution temporelle et spatiale des climats crétacés prioritairement sur des objets européens et nord-africains. L’objectif est d’utiliser un modèle climatique couplé océan-atmosphère (CLIMBER) associé avec un modèle géochimique (COMBINE) afin de tester les variations de teneur de l’atmosphère en CO2 et de simuler le climat. Les données géologiques amont, qui serviront également de tests, sont des cartes paléogéographiques intégrant le relief et les types de sédiments produits (matière organique, carbonates, flux terrigènes produits de l’érosion continentale...).
Climat ; Géologie ; Modèle
The aim of this project is to better understand a « peculiarly » hot period of the earth history, the Cretaceous. This project is subdivided into two parts: (1) the climate modelisation at global scale, through a back and forth between geological data and geochemical and climatical modelisations, (2) the improvement of the time and space resolution of the Cretaceous climates mainly on West-European and African targets. The objective is to use a coupled ocean-atmosphere climatic model (CLIMBER) associated with a geochemical model (COMBINE) in order to test the CO2 atmosphere variations and to simulate the climate. The upstream geological data, which also will help to test the models, are palaeogeographic maps integrating reliefs and types of product sediments (organic matter, carbonates, siliciclastic influx due to continental erosion…).
Le Crétacé, avec une température moyenne de surface de 6-12°C supérieur à l’actuel, est considéré comme une des périodes les plus chaudes de l’histoire de la Terre (Barron, 1983). Ce serait une période dépourvue de glaces aux pôles (« greenhouse »). Plusieurs explications ont été avancées, la distribution des masses continentales, le flux de chaleur de l’océan et une teneur en C02 atmosphérique plus élevée qu’actuellement (Barron et al., 1994,1995 ; Pride et al., 1995). Cette vision d’un monde sans glace avec une teneur en C02 atmosphérique élevée a été contestée du fait de la présence de carbonates froids et de dépôts glaciaires aux pôles (Kemer, 1987 ; Price, 1999) ou d’un désaccord avec les données paléobotaniques (Boucot & Gray, 2001). De nombreuses questions demeurent: (1) La variation globale de température des eaux de surfaces (Frakes et al., 1994 ; Pucéat et al., 2003) est mal connue, que ce soit dans le temps à une résolution de quelques millions d’années ou latitudinalement à un instant donné. (2) La température des eaux océaniques profondes serait globalement élevée (9-20°C à une paléolatitude de 30°N, Huber et al., 2002) ce qui pose la question de l’existence d’une circulation thermohaline (Haupt & Seidov, 2001). (3) La production primaire végétale continentale serait deux fois plus importante que maintenant (Beerling, 2000). L’objectif de ce projet est par un aller-retour données géologiques/modélisations numériques d’améliorer notre connaissance des climats crétacés. La modélisation du climat est un outil privilégié pour comprendre les forçages et les mécanismes qui ont conduit à une situation climatique particulière. Largement utilisés dans le cadre de l’étude des climats actuels et sub-actuels, ces modèles ont prouvé leur capacité à modéliser les climats d’un passé plus lointain (Tertiaire, Permien, Précambrien). La cohérence ou l’incohérence des climats simulés avec les indicateurs climatiques représentatifs de la période étudiée nous renseigne sur la pertinence des forçages appliqués au modèle.